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Plateformes et investisseurs doivent mesurer les risques

Une évidence pour certains mais pas pour tous, le taux d’intérêt rémunère le risque, il est important de diversifier ses placements et de ne pas investir une part trop importante de son patrimoine. Cela étant, les plateformes ont tout intérêt à bien sélectionner les entreprises qu’elles présentent, c’est leur réputation et la crédibilité du secteur qui est en jeu. Funding Circle annonce un taux de rendement moyen de ses prêts de 7,1% par an depuis sa création en 2014. Cette plateforme a d’ailleurs fait la démarche d’afficher le taux de faillite des entreprises qui y sont financées, qui à 1.8% reste relativement faible s’il est comparé à la moyenne des faillites d’entreprise en France (3% pour les PME de 10 à 249 salariés et 6% pour les TPE de 0 à 9 salariés).

 

Pas de rendement sans risque

 

Mais pourquoi les taux d’intérêt sur le financement participatif sont si élevés en cette période de taux bas ? Ne prenons pas comme référence notre livret A, notre crédit immobilier ou les emprunts de l’Etat français. Car il existe une multitude de niveaux de rendement/risque dans l’univers des taux :

 

  • Livret A : en percevant 0,75% par an de notre Livret A, nous ne prenons aucun risque, ou presque car le risque zéro n’existe pas. Par ailleurs, le taux est surévalué de 0,25% par rapport à ce qu’il devrait être compte tenu de la très faible inflation et de taux interbancaire négatifs.

 

  • Plan Epargne Logement (PEL) : en percevant 1,5% par an (depuis février 2016), les épargnants se sont empressés d’ouvrir un PEL pour bénéficier des anciens taux avant leur baisse (2,5% de 2003 à 2015 puis 2,0% de 2015 à 2016). Sans risque lui aussi, le rendement du PEL reste plus rémunérateur que celui du Livret A. Cependant, l’épargne est bloquée pendant au moins 4 ans afin de percevoir les intérêts produits.

 

  • Prêt immobilier : en nous prêtant à 2,0% pour une acquisition immobilière, notre banque ne prend presque aucun risque, elle se refinance à 0% auprès de la BCE depuis le 10 mars dernier et si un problème survient, rassurons-nous elle saura quoi faire de notre bien en cas de non remboursement.

 

  • Assurance-vie fonds euros : en percevant un rendement moyen de 2,3% en 2015, les contrats d’assurance-vie privilégient la sécurité au détriment du rendement. Ces contrats sont de moins en moins attractifs avec des rendements qui déclinent d’année en année (2,90% en 2012, 2,80% en 2013 et 2,50% en 2014) puisqu’ils ne sont investis que sur des dettes étatiques ou des grandes entreprises bien notées.

 

  • Prêt aux PME : en prêtant à 3, 4 voire 5% en TEG à une PME, la banque couvrira et neutralisera le risque par une garantie BPI, une caution du dirigeant, un privilège sur des comptes ou un nantissement sur quelques actifs.

 

  • Marché obligataire : souple et attractif, mais souvent réservé aux investisseurs institutionnels, le marché obligataire a observé en 2015 de nombreuses dettes émises à plus de 4,00%. Exemples : 4,50% à 11 ans pour CNP Assurances, 4,80% à 7 ans pour Direct Energie et même 6,25% à 5 ans pour Air France-KLM. Sur Investbook, les obligations sont privées et émises par des PME au taux de 8% en moyenne.

 

  • Financement participatif : à 7, 8 ou 9%, il n’y a souvent pas de caution ni de garantie sur les actifs, c’est un choix des plateformes permettant ainsi d’offrir souplesse aux emprunteurs et rendement aux prêteurs. Sur les obligations, les fonds collectés sont par ailleurs utilisables pour tous les besoins d’une société y compris immatériels, mais cela a un coût. Le taux d’intérêt est également fixé selon un profil de risque évalué par les plateformes elles-mêmes. Notons par ailleurs que le taux d’intérêt sur une plateforme de finance participative intègre aussi un coût de publicité, car une campagne faite par une entreprise auprès de la foule est par la même occasion une quête de notoriété et de communication. La finance participative permet donc une grande flexibilité pour le financement des PME contre un rendement attractif pour les investisseurs.

 

Donner du sens aux investissements des français

 

Dans l’univers des taux, chaque investisseur dispose d’une attirance plus au moins forte au risque et construit sa propre appréciation du couple rendement/risque. Les français sont pour la plupart « risquophobes » et ont une passion pour les placements souvent qualifiés de « sans risque ». Ils ont par ailleurs toujours été méfiants envers la Bourse (les actionnaires individuels qui étaient plus de 7 millions en 2003 n’étaient plus que 4 millions en 2014). Selon une étude du courtier en prêts immobiliers Meilleurtaux menée avec le cabinet Asterès, le CAC 40 a perdu 19% entre avril 2015 et Février 2016 et sa performance ne devrait pas être mieux cette année vu le ralentissement de la croissance des pays émergents et la reprise molle dans les pays avancées.

 

A quoi sert alors notre épargne ?

 

Le Livret A a pour vocation à financer des projets d’intérêt général comme le logement social, l’immobilier alimente la spéculation avec pour conséquence de restreindre l’accès aux logements des petits ménages, les fonds en euro au sein de l’assurance-vie sont destinés à financer la dette des Etats, mais qu’en est-il de l’investissement sur les entreprises ? Il faut en effet réorienter l’épargne des français pour soutenir nos PME génératrices de valeur et d’emplois.

 

L’investissement participatif, même s’il est plus risqué, pourrait permettre aux français de diversifier et dynamiser leur épargne, de manière plus responsable et de financer l’économie réelle qui souffre d’un grave déficit.

 

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