Contact : 01 71 70 24 64

Investbook et le crowdfunding obligataire

Investbook et le crowdfunding obligataire

Investbook et le crowdfunding obligataire

 

Agréée par l’Autorité des Marchés Financiers en décembre 2014, et moins d’un an après ses premières émissions obligataires, retour sur le parcours d’une plateforme de crowdfunding atypique.

 

Alors que la plupart des nouveaux entrants sur le marché du crowdfunding en 2014 et 2015 ont opté pour le prêt (crowdlending) ou le capital (crowdequity), Investbook s’est positionnée dès le départ sur un produit spécifique et peu connu du grand public : les obligations. La société fut la première plateforme à avoir obtenu de l’AMF le statut de Conseiller en Investissements Participatifs pour son activité obligataire. Investbook est aujourd’hui l’une des rares à exploiter exclusivement ce produit sur le créneau des PME. Il existe en effet plusieurs plateformes proposant des obligations mais essentiellement sur des projets immobiliers. Investbook a quant à elle opté pour le financement des entreprises dans leur diversité, c’est une nouvelle source de financement offerte aux PME en quête de diversification et de sophistication de leur politique de financement. C’est une solution supplémentaire au service du développement des PME françaises.

 

En quoi le crowdfunding obligataire est-il différent du crowdequity ?

 

Les obligations proposées par Investbook sont simples, c’est-à-dire sans convertibilité en capital. C’est un financement non-dilutif pour le dirigeant de PME et ses actionnaires. Les fonds levés doivent en revanche être remboursés (sur une base d’amortissements annuels) et sont sujets à des paiements d’intérêts (coupons payés sur une base semestrielle). C’est donc un produit financier contractuel qui prédéfini dès le départ une maturité et un taux, l’investisseur connait ainsi à l’avance son horizon d’investissement et le rendement associé.

 

En quoi le crowdfunding obligataire est-il différent du crowdlending ?

 

Les obligations sont à mi-chemin entre les prêts du bas de bilan généralement de court terme, et les fonds propres du haut de bilan. L’émission obligataire a pour vocation de financer les besoins généraux d’une société, sur des échéances de moyen long terme, et pour des montants de plusieurs centaines de milliers d’euros (500.000€ en moyenne). L’obligataire s’adresse de fait à des PME matures, structurées, au chiffre d’affaires établi et de plusieurs millions d’euros (minimum 1 million d’euros sur Investbook). C’est un outil de financement destiné aux PME qui souhaitent franchir un cap et diversifier leurs ressources financières, en complément de leur politique bancaire et des fonds propres.

 

Pourquoi la majorité des acteurs sur le crowdfunding ne sont pas allés sur le créneau de l’obligataire ?

 

Plusieurs explications possibles.

 

Premièrement par rapport à l’equity. Le crowdequity a essentiellement pour vocation de financer des start-up, celles-ci sont d’autant plus faciles à trouver qu’une jeune entreprise a toujours besoin d’argent pour démarrer ou se développer, et une ouverture de capital est facilement envisageable pour ses dirigeants qui n’ont pas d’autre choix. Puis il existe une base de business angels en France et de petits actionnaires qui connaissent bien le mécanisme des actions, la France étant un pays essentiellement d’actionnaires contrairement aux pays anglo-saxons qui ont la culture des produits de taux type obligations (fixed income / bonds).  Enfin, il a été évident pour les acteurs du crowdequity que la défiscalisation a été un argument de poids pour attirer les investisseurs en quête de réduction d’impôt. Mais qu’en est-il des sorties sur ces plateformes ? Combien de projets de private equity ont permis à ses actionnaires de sortir avec une plus-value ? Ou de sortir tout court ? La liquidité, la profitabilité et la viabilité des projets equity sont autant de défis qui font que ce segment n’a représenté que 50 millions d’euros en 2015.

 

Deuxièmement par rapport au prêt (crowdlending). L’octroi de prêt est ouvert à toutes les entreprises, qu’elles soient très petites, plus grosses, SARL, SA ou SAS, pour des montants de financement de 10.000€ à 100.000€ généralement, sans formalisme particulier et pour se financer très rapidement. Les plateformes ont ainsi un large vivier d’entreprises à prospecter. Du côté des prêteurs, la réglementation ne permet pas aux épargnants d’engager des sommes supérieures à 1.000€ par projet. Ce n’est pas un risque conséquent au regard des petites sommes prêtées, certaines plateformes permettent même de prêter à partir de 20€. Le vivier de la foule au sens large est alors vaste, chaque français, qu’il soit aguerri ou non, peut placer quelques centaines d’euros sur une multitude de projets. Les plateformes de crowdlending sont régulées par l’ACPR (autorité de contrôle de la Banque de France) et sont ouvertes à tous les français personnes physiques. L’agrément est d’ailleurs une formalité très rapide, l’honorabilité des dirigeants est vérifiée, les contrôles se faisant à posteriori. Toutes ces caractéristiques font que le crowdlending est une solution de financement et d’investissement de masse, de foule au sens large, c’est une industrialisation de la désintermédiaton financière qui profitera indéniablement aux entreprises et aux petits porteurs de prêts.

 

Pourquoi être alors allé sur le créneau du crowdfunding obligataire ?

 

Cette activité est régulée par l’AMF et requiert un agrément relativement lourd à obtenir certes, toutes les sociétés qui veulent se financer ne sont pas éligibles, tous les français qui veulent investir non plus. Le marché des obligations de PME s’inscrit sur un segment différent du crowdlending pour de nombreuses raisons. C’est un marché de niche, à tort considéré comme élitiste ou confidentiel, mais c’est clairement un prolongement de la finance moderne, par son professionnalisme, à destination de PME structurées et d’investisseurs avisés.

 

Du côté des emprunteurs, seules les SA ou SAS de plus de 2 ans peuvent légalement émettre des obligations en France. Et pour les SARL, ce sont uniquement celles qui ont plus de 3 ans et qui sont légalement tenues d’avoir un commissaire aux comptes (il s’agit de SARL qui franchissent notamment la barre des 3 millions d’euros de chiffre d’affaires). Les émissions obligataires s’adressent donc à des sociétés statutairement structurées ou comptablement contrôlées.

 

Du côté des prêteurs, les plateformes de crowdfunding obligataire sont ouvertes aux personnes physiques mais aussi aux personnes morales. Cependant, seules les personnes qui présentent une adéquation à l’offre d’investissement en termes de connaissance, d’expérience, de situation et d’objectifs pourront devenir membre de la plateforme. Le crowdfunding obligataire est donc restreint à un club et une foule avisée d’investisseurs. Les montants d’investissement ne sont pas plafonnés (la moyenne constatée sur Investbook étant de 7.000€), que ce soient des personnes physiques en direct, ou via une holding patrimoniale, une entreprise en excédent de trésorerie ou un fond spécialisé, tous ont passé l’étape de la validation de l’adéquation de profil pour pouvoir investir sur les opportunités obligataires proposées.

 

D’un point de vue économique, le crowdfunding obligataire se porte vers des PME qui ont des besoins de financement de plusieurs centaines de milliers d’euros, 140.000 euros étant la moyenne constatée au lancement d’Investbook, 300.000 euros la moyenne anticipée à court terme, et 1 million d’euros l’objectif de récurrence à moyen long terme. L’obligataire est pour l’investisseur un moyen de diversifier ses placements financiers, en direct sur des sous-jacents identifiés, et pour chaque émission d’obligations sur un rendement et un horizon contractualisé dès le départ. Connaitre ses rendements à l’avance et sur des coupons attractifs (8,5% par an en moyenne) est un luxe de plus en plus rare pour un investisseur. Le service rendu par Investbook est par ailleurs destiné à une clientèle haut de gamme, c’est une volonté d’Investbook que d’offrir des services personnalisés, une information complète, transparente et régulière. La stratégie d’Investbook est d’ailleurs d’être la banque privée du crowdfunding. C’est pourquoi chaque investisseur pour chaque émission obligataire a accès à un mémorandum d’information d’une trentaine de pages reprenant l’activité, le modèle économique, et les données financières de chaque contrepartie. Des roadshow (réunions physiques entre PME et investisseurs) sont régulièrement organisées, et Investbook prend le soin de rédiger des rapports annuels pour que chacun puisse suivre l’évolution des PME dans le temps.

 

L’ensemble de ces éléments règlementaires et économiques montrent que le crowdfunding obligataire est un segment propre, différent du crowdequity et du crowdlending, s’adressant à une population avisée qui cherche de la diversification de placement, et à des entreprises qui souhaitent bénéficier de financements complémentaires. Le crowdfunding obligataire est le point d’entrée et la première étape d’une professionnalisation des métiers de la finance participative.

 

282 fois au total 2 fois aujourd`hui

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *