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Crowdfunding en 2015 : l’heure du bilan

Un peu plus d’un an après la fin du monopole bancaire en France et la création de deux statuts (IFP pour le prêt régulé par l’ACPR et CIP pour l’investissement en actions/obligations régulé par l’AMF), le marché du crowdfunding ou marché du financement participatif s’est fortement développé à l’image des résultats de l’année 2015. Etat des lieux.

 

Le marché du crowdfunding se porte bien

 

Selon Le baromètre de l’association Financement Participatif France, presque 300 millions d’euros de fonds ont été collectés en 2015 sous toutes les formes de crowdfunding : dons, prêt (crowdlending) et investissement (crowdinvesting). Avec plus de 140 plateformes créées, ce marché a quasiment doublé en volume par rapport à 2014 avec une hausse de +95,3%. Ces fonds ont permis de financer 17.775 projets portés par des associations, start-ups, PME et particuliers. Les résultats sont donc très satisfaisants vu les difficultés d’accès au financement pour les entreprises. La possibilité pour elles d’accéder aux marchés financiers est quasi-nulle vu la complexité de procédure et les coûts à supporter. Concernant les banques, elles limitent leurs octrois de crédits et financent difficilement les besoins immatériels des PME. La finance participative a donc été un acteur important dans le développement de l’économie en 2015.

 

Cependant, la France a du retard sur ses voisins européens. Au Royaume-Uni, le marché total du crowdfunding est estimé à 3,2 milliards de livres (4 milliards d’euros) en 2015, soit une hausse de +84% par rapport à 2014. La finance participative française a donc un rôle à jouer dans l’évolution du crowdfunding en Europe vu son potentiel et la qualité des projets proposés (le taux de défaut en mars 2016 était compris entre 0% et 2% selon les plateformes).

 

Le renforcement du soutien aux entreprises

L’année 2015 est également marquée par une forte disparité dans les modes de financement en France. En effet, les montants récoltés par les différentes plateformes de crowdfunding sont les suivants :

 

  • Don : 50,2 millions d’euros

 

  • Crowdlending : 172,2 millions d’euros
    • Prêt rémunéré aux particuliers : 137,5 millions d’euros
    • Prêt rémunéré aux entreprises : 31,6 millions d’euros
    • Prêt non rémunéré : 3,1 millions d’euros

 

  • Crowdinvesting : 74,2 millions d’euros
    • Capital : 49,7 millions d’euros injectés dans les entreprises
    • Obligations (prêt obligataire) : 24,1 millions d’euros d’obligations émises par les entreprises

 

L’investissement en capital et le prêt à l’attention des entreprises (prêt classique et obligataire) représente 108,5 millions d’euros (soit une progression de +46% par rapport à 2014). Cela montre que investisseurs et prêteurs sont alliés pour aider le monde l’entreprise, notamment grâce à des rendements attractifs. L’investissement se tourne désormais vers l’épargne participative. Côté PME, le soutien qui leur ait alloué devient un comportement de plus en plus courant. En effet, en rémunérant les crowdfunders, les entreprises obtiennent une plus grande flexibilité pour leur financement. Les investissements en crowdinvesting et crowdlending sont en pleine ascension et s’orientent un peu plus encore vers les entreprises :

 

 

Evolution des fonds collectés en 2015

 

 

Une réglementation assouplie

 

Le ministre de l’Economie Emmanuel Macron a annoncé le 29 mars 2016 une série de mesures destinées à accélérer le développement de la finance participative pour encourager une économie de l’innovation.

 

A l’origine, l’ordonnance n°2014-559 du 30 mai 2014 était venue proposer une législation ambitieuse du financement participatif. Aujourd’hui poussé par son succès, ce secteur s’ouvre à de nouveaux horizons grâce aux mesures suivantes :

 

  • IFP (Intermédiaire en Financement Participatif) : le seuil maximum pouvant être investi par épargnant et par projet via le prêt rémunéré passe de 1.000€ à 2.000€
  • CIP (Conseiller en Investissements Participatifs) : le seuil des opérations de collecte en crowdinvesting passe de 1 million d’euros à 2,5 millions d’euros
  • Elargissement de la gamme d’outils de financement pour les CIP : obligations convertibles, actions de préférence et titres participatifs
  • Prêt inter-entreprises : bons de caisse appelées « mini-bons »
  • Expérimentation de la « blockchain» : créer un registre de stockage pour faciliter la transmission d’information

 

Ces nouvelles mesures sont une réelle avancée pour le crowdfunding en France puisqu’elles démontrent la croissance soutenue de ce nouveau marché et accordent une légitimité aux plateformes, leur offrant les outils nécessaires pour se développer.

 

Les placements reprennent du sens

 

Le bilan de l’année 2015 en termes de chiffres et de réglementation est donc très positif laissant présager de bonnes perspectives pour l’année en cours. Malgré quelques disparités entre les plateformes, ce marché reste jeune et doit encore évoluer. Cependant, avec plus de 246 millions d’euros collectés (hors dons), les placements des français reprennent une vraie importance. Plus de 2,3 millions de français ont déjà utilisé l’investissement participatif malgré qu’il soit plus risqué. Fort de leur dynamisme, les PME doivent continuer à être soutenues par la French Tech. La France pourra ainsi revendiquer sa position de crowdfunder n°1 en Europe continentale.

 

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